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Par Miss Lili dans Romans contemporains le 2 Juillet 2011 à 20:48
La Trilogie du Mal (tome 1 : L'Âme du mal), Maxime Chattam

J’ai longtemps hésité sur la façon dont j’allais parler de L’Âme du mal de Maxime Chattam. C’était la première fois que je lisais un de ses romans (alors que j’ai eu le plaisir de le voir au Salon du Livre pour ma mère qui ne pouvait pas venir alors que c’est son auteur préféré =P), et je dois dire que je ne suis absolument pas déçue par ma lecture ! Ma mère avait raison depuis le début, et je voulais juste attendre de grandir (j’avais 16 ans quand j’ai commencé à entendre parler de Maxime Chattam ^^’), pour découvrir cet écrivain.
Et honnêtement, je suis ressortie de ce premier tome complètement satisfaite, et un peu effrayée, je l’avoue. C’était la première fois que je lisais un thriller et maintenant, je ne désire plus que retenter l’expérience (je l’ai d’ailleurs déjà retenté en lisant In Tenebris, et je lis actuellement Maléfices, mais quelques problèmes familiaux m’ont ralenti, je recommence un peu à lire depuis deux jours… mais j‘ai quelques soucis de concentration, hélas…).
Résumé : Pas plus que sa jeune acolyte, le profileur Brolin ne pense que les serial killers reviennent d'outre-tombe. Fût-il le bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper. Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d'une secte? Pure sauvagerie ou magie noire?
Brolin a peur. Cette affaire dépasse tout ce qu'on lui a enseigné. S'immerger complètement dans la psychologie d'un monstre, le comprendre afin de prévoir ses crimes, devenir son double, tels sont les moindres risques de son métier. Peut-on impunément prêter son âme au mal?
Quelques adresses : Le blog de Maxime Chattam ;
Bon, que dire pour commencer ? Je ne suis pas une experte en matière de thriller, donc je n’ai aucun élément de comparaison (à part dans des films ou des séries… et encore…), et ce simple détail me complique un peu la vie. Mais si une chose est sûre, c’est que j’ai été happée dans le roman dès les premières pages. D’ordinaire, quand je lis un livre, je fais toujours une pause de plusieurs jours au bout d’une centaine de pages, or, cette fois-ci, j’ai lu non-stop pendant deux jours complets (d’ailleurs, merci pour les nuits au petit matin de quelques heures…). Je pense que cette addiction nocturne était dû au fait que les chapitres étaient courts et qu’ils nous poussaient toujours à aller plus loin, en dépit du sommeil. Je ne me suis arrêtée que lorsque mon cerveau se déconnectait tout seul et donc, que ça ne valait pas la peine de lire si je ne retenais plus rien.
Autre petit détail plutôt marrant, c’est que dès que j’ouvrais le roman, un orage arrivait sur Reims. Je me suis crue maudite tout au long de ma lecture XD…
Bref, donc, au niveau de l’intrigue, je l’ai trouvé assez dingue. Bon, étrangement, j’ai deviné quelques petits détails (c’est dans ces moments-là que je me trouve trop cool), mais rien de grave, j’ai été surprise à chaque nouveau chapitre et la fin m’a quelque peu perturbé. Ce qui m’a le plus étonné, c’est la façon dont le prologue se rattache à l’histoire, le prénom du petit garçon du début prête à confusion et je ne m‘y attendais absolument pas.
J’ai aussi beaucoup aimé les précisions sur la police, le matériel, et la façon dont fonctionne la justice aux Etats-Unis, ou du moins, dans l’Oregon. Bref, les descriptions étaient vraiment intéressantes, alors qu’à mon avis, dans n’importe quel autre livre, ce genre de passage peut être fatiguant, voire même ennuyant, mais ici, c’était très fluide et passionnant. J’ai trouvé ça génial qu’on nous parle de la façon dont on entre au FBI et lorsqu’on passe par l’académie à Quantico (hors sujet : la grosse fan d’Esprits Criminels que je suis a donc adoré, hein ; hors sujet numéro deux juste pour me vanter : j‘ai vu Matthew Gray Gubler en vrai devant l‘Olympia, j‘ai cru mourir de joie).
Mais évidement, ce que j’ai le plus aimé, c’est la traque du tueur en série, la manière dont tout cela est présenté. Le point de vu de Brolin était d’ailleurs très impressionnant, et il me semble même me souvenir d’une phrase assez perturbante où il est expliqué qu’un profileur, en se mettant dans la peau de l’assassin, devient l’assassin lui-même, et que la seule différence qu’ils ont, c’est que le profileur n’a pas eu d’élément déclencheur, en fait. J’explique sûrement cela très très mal, mais l’idée est là, et l’idée m’a plutôt intimidé, parce que du coup, tout le long de ma lecture, je gardais un œil sur Brolin et me demandais à quel moment quelqu’un comme lui pouvait flancher face à l’horreur.
D’ailleurs, parler de Brolin m’amène donc à parler des personnages. La quatrième de couverture précisait qu’ils étaient attachants : je confirme. Incroyable. Je ne m’y attendais pas. Pour moi, un thriller, c’était surtout une enquête, avec des policiers pas forcément intéressants. Bref, je voyais cela avec une tête complètement blasée par avance. Mais, euh… Ou pas, suis-je obligée de dire aujourd’hui. Parce qu’à mes yeux, l’un des gros points forts de L’Âme du mal se trouve dans les personnages en eux-mêmes ! Brolin et Juliette sont formidables, très profonds et si bien humanisés que je suis tombée sous leur charme. Je ne saurai comment l’expliquer, mais j’avais l’impression de ressentir les différents personnages (qu‘ils soient secondaires ou non), de les voir comme si j’étais à leurs côtés. Pourtant, c’est à la troisième personne qu’on lit le roman, et pour moi, ça a toujours été une façon d’exclure le lecteur. Or, l’écriture de Chattam est assez remarquable à ce niveau-là, il nous conduit au cœur de l’action et on se sent très proche des différents protagonistes, et ça peut faire flipper bien comme il faut quand le protagoniste en question est un tueur, ou une victime. D’ailleurs, je suis d’autant plus parano quand je sors maintenant. Merci beaucoup…
Bref, j’avoue donc très clairement que le personnage de Joshua Brolin me plaît énormément, et que les choses sont allées en s’améliorant lorsque j’ai lu In Tenebris. Il s’agit vraiment d’un héros singulier et attachant, bien qu’il m’a semblé très triste et nostalgique (plus dans In Tenebris cela dit). Et j’ai adoré la manière dont il est présenté, l’addiction aux jeux vidéos et le combat contre la cigarette le rendait particulièrement moderne et sympathique. Les différents détails de sa vie, son parcours (bien qu’impressionnant) et sa relation avec Juliette nous permettaient vraiment de nous identifier à lui, ou du moins, dans mon cas purement féminin, d’éprouver des sentiments à son égard (bah oui, hein…).
Juliette aussi était vraiment touchante. D’ordinaire, et comme je l’ai déjà dit dans d’autres articles, les personnages féminins ont tendance à m’agacer et à me donner envie de les exploser contre un mur pour les secouer un peu. Or, ici, Juliette est un personnage fort, avec une certaine sensibilité et un caractère bien à elle. Mais en même temps, elle reste quelqu’un d’assez simple, elle m’a beaucoup fait penser à une de mes amies qui est elle aussi brune aux yeux bleus.
En tout cas, si je peux encore ajouter quelque chose sur Juliette et Brolin, c’est que leur histoire est traitée d’une façon si douce et naturelle que j’ai envie d’hurler haut et fort que Maxime Chattam serait tout aussi doué dans les thriller que dans les romans d'amour. D’ailleurs, s’il en fait un, un jour, c‘est clair et net que je me jetterai dessus.
Bon, en me relisant, j’ai un peu honte, je parle plus de ma connexion aux personnages et de la façon dont-ils sont liés que de l’intrigue et du thriller en lui-même. Cependant, mon manque de comparaison me force un peu à abréger cette partie là.
Pour conclure, je dirais que Maxime Chattam m’a ouvert les portes du genre du thriller et que je compte en lire d’autres dans les semaines/mois/années/vies prochain(e)s. C’était donc un véritable coup de cœur pour moi !
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